Complexe Capitale Hélicoptère
École de pilotage
06 mai 2016

L’utilisation d’hélicoptères dans la lutte contre les feux de forêts Le pilote Guy Lajoie nous parle de son expérience

Nul n’est insensible à ce qui se passe présentement à Fort McMurray, Alberta. En date du 5 mai, on parlait d’un feu de forêt de près de 85 000 hectares (850 km2), nécessitant l’évacuation de plus de 80 000 personnes. Les dommages sont très importants, notamment quand on regarde le nombre de maisons incendiées s’élevant à plus de 1600 selon les derniers chiffres rapportés par le National Post.

Photo de l’incendie de Fort McMurray, AB – http://www.ctvnews.ca/

Dans de telles situations, des organismes comme que la Croix-Rouge, des compagnies privées, les gouvernements fédéral et provincial et aussi d’autres municipalités avoisinantes offrent leur aide aux citoyens afin de les prendre en charge et de leur donner refuge. Pendant ce temps, pompiers, avions-citernes et hélicoptères vont au front afin de combattre l’incendie qui ravage tout sur son passage.

Toujours en date du 5 mai, on dénombrait 16 avions-citernes et 12 hélicoptères civils déployés afin de prêter mains fortes aux autorités locales. Les Forces Armées canadiennes ont aussi envoyés quatre hélicoptères de type CH-146 Griffon. Deux avions Hercules sont également en standby respectivement à Cold Lake, AB et Trenton, ON afin de pouvoir transporter des pompiers ou de l’équipement, au besoin.

Les opérations aériennes en cas de feux de forêts

Mais quel est le rôle d’un hélicoptère dans la lutte contre les feux de forêts ? Ici, à Québec, nos pilotes se sentent quelque peu impuissants face à la situation vécue en Alberta, mais Guy Lajoie, chef pilote GoHelico et instructeur de vol à l’École de pilotage Capitale Hélicoptèreguy-lajoie-web a déjà participé à plusieurs opérations héliportées de lutte contre des feux de forêts. Participant à de telles missions depuis 36 ans, notamment au Québec (SOPFEU), en Ontario et au Manitoba, son expérience personnelle permet de dresser un bilan du rôle des pilotes et de leur machine dans un drame comme celui-là. Rappelons que souvent, un feu de forêt se transforme en situation de crise et peut s’avérer dangereux non seulement pour les résidents qui se trouvent près du brasier, mais également pour tous ceux qui sont impliqués sur terre, comme dans les airs.

 

Premièrement, il est important de savoir que de manière générale, il y a plusieurs étapes à suivre lorsqu’un feu de forêt est aperçu. Dès qu’un feu est repéré, les opérations sont mises en œuvre. Tout d’abord, les coordonnées géographiques exactes sont transmises afin qu’une première opération aérienne puisse avoir lieu. Les avions-citernes sont les premiers intervenants. Au Québec, on utilise des CL 415 ou CL 215. L’attaque initiale des avions-citernes sert à empêcher le feu d’avancer. Dépendamment de la grosseur et de l’étendue du feu, le travail des avions peut prendre de quelques heures à plusieurs jours.

 

 

 

Le rôle des hélicoptères

C’est lorsque l’intensité du brasier diminue que les hélicoptères entrent en jeux. Ils sont tout d’abord utilisés pour transporter les équipes sur le terrain, ainsi que leur équipement (pompes à l’eau, boyaux, outils, etc). Les équipes au sol se chargent ensuite de ceinturer le feu et de limiter son avancée. Bien qu’ils soient en soutien lors de cette étape, le travail des pilotes et des hélicoptères commencent réellement lorsque le travail au sol est effectué. C’est à l’aide de sceaux attachés sous l’hélicoptère, appelés Bambi Buckets ou une autre sorte de sceaux appelée Fast Buckets qu’ils déversent l’eau sur la zone enflammée. Avec des appareils comme ceux utilisés par monsieur Lajoie, on parle d’entre 240 et 270 litres d’eau qui sont déversés lors de chaque passage, mais selon le type d’appareil et de Bambi Bucket utilisés, on peut déverser jusqu’à plusieurs milliers de litres d’eau.

Ils peuvent déverser leur chargement d’un coup, ou alors avec précision sur plusieurs zones. De nombreux hélicoptères travaillent ensemble lors de cette étape et chaque appareil est attitré à une équipe au sol, qui leur indique où déverser et leur font part de leurs besoins.

Il y a plusieurs années, lors d’un feu en Gaspésie, Guy Lajoie explique que plus de 25 hélicoptères avaient été envoyées sur place afin de contrôler un feu de forêt qui avait nécessité plus de deux mois de travail. Lors de cette période, monsieur Lajoie a fait plus de 300 heures de vol à lui seul, afin d’aider à éteindre le feu, cumulant souvent une dizaine d’heures de vol dans une journée, ceci étant le maximum d’heures autorisées pour un pilote.

Lorsque l’étape d’arrosage est terminée, les hélicoptères sont ensuite utilisés afin de récupérer le matériel et de transporter le personnel hors de la zone incendiée. Le transport de matériel peut aussi se faire par longue élingue.

Les hélicoptères munis de civières, comme celles d’Airmedic, peuvent également servir à l’évacuation médicale.

Les types d’hélicoptères utilisés

Plusieurs types d’hélicoptères sont utilisés dans la lutte contre les feux de forêts. Chez Capitale Hélicoptère, Guy Lajoie indique que les modèles Astar 350, B2, B3, B3E, B4 et EC120 sont utilisés. Il ajoute également qu’avant de pouvoir p

articiper à une opération héliportée, un pilote au Québec doit non seulement avoir cumulé plus de 500 heures de vol, incluant 100 heures sur le type d’hélicoptère utilisé, mais doit aussi passer un examen de la SOPFEU.

Hélicoptère B3E

Hélicoptère B3E

Des conditions difficiles

Bien que les équipes au sol soient directement dans le champ de bataille et qu’ils doivent faire face à plusieurs contraintes et difficultés, les pilotes, ces combattants des airs, font également face à des conditions de travail plus ardues qu’à l’habitude. Leur visibilité est souvent réduite en raison de la fumée et la chaleur intense peut également représenter un grand défi. Tout dépendant du lieu où ils se trouvent, de longues heures combinées avec des conditions minimales pour dormir peuvent augmenter les risques de fatigue. Les pilotes doivent également être très vigilants, car plusieurs appareils volent sur un territoire restreint. Le contrôle aérien de la zone affectée est d’ailleurs géré, dans la plupart des cas, de manière locale par unaéropointeur, soit un spécialiste en contrôle des incendies qui dirige les opérations aériennes de suppression des feux à bord d’un avion.

La foudre : source d’incendies

Un feu de forêt peut survenir pour plusieurs raisons. L’homme peut être en cause, que ce soit intentionnel ou non, ou alors des opérations forestières, industrielles ou même l’opération de chemins de fer. Dans le cas de l’incendie de Fort McMurray, CTV Edmonton annonçait que la cause du feu serait attribuée à la rupture d’une ligne de gaz sur un chantier de construction.

La foudre peut elle aussi être source d’incendie. Le chef instructeur de vol de l’École de pilotage Capitale Hélicoptère, Guy Lajoie, se rappelle d’une situation au nord de Forestville, où il avait survolé tôt le matin un secteur sur lequel la foudre s’était abattue pendant la nuit, dans le but de faire du repérage. Ce qu’il a vu l’a marqué : « C’était comme l’image qu’on a de l’apocalypse. Il y avait de la boucane partout », se rappelle-t-il. Il avait repéré, ce jour-là, plus de 15 feux. Trois mois avaient alors été nécessaires afin de tout contrôler.

Tout le personnel du Complexe Capitale Hélicoptère, de l’École de pilotage Capitale Hélicoptère et de GoHelico sympathise de tout coeur aux avec les résidents de Fort McMurray ainsi qu’avec tous les intervenants qui sont sur place afin de combattre ce violent incendie.

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